Cette enquête réalisée fin 2007, par 3 universités australiennes, l’université de Queensland, l’université de technologie de Queensland et l’université de Melbourne, sur la gestion de leurs données, a reçu le soutien du APSR (Australian Partnership for Sustainable Repositories) et du projet d’établissement de l’ANDS (Australian National Data Service).
Le questionnaire en ligne développé avec un logiciel spécifique (Apollo) peut être répliqué avec des adaptations pour d’autres universités, chacune d’entre elles contribuant à donner une image nationale des pratiques dans ce domaine.
L’objectif de ces 3 universités, qui se sont toutes engagées dans un programme d’e-science, est d’identifier les attentes des chercheurs et les points faibles de leur système afin de l’améliorer.
L’étude fait ressortir une homogénéité de résultats dans les 3 universités qui permet d’en faire une présentation globale dans sa première partie. Au vu du taux de réponse considéré comme étant très élevé (879), elle déduit des tendances générales.
Celle-ci passe en revue de façon détaillée un ensemble de points : la production des données numériques et non numériques (en vue de leur numérisation), leur type et leur volume, les logiciels utilisés pour leur analyse, la planification et la responsabilité associées à leur gestion, leur valeur, partage, accès, usage et stockage, le besoin en conseils et formation (identification précise des domaines), la pratique de l’e-science.
Voici un zoom sur 2 questions : la planification de la gestion des données et la pratiques de l’e-science. Celles-ci sont examinées selon des disciplines de recherche dont certaines appartiennent au champ des SHS : les sciences sociales, l’économie, le droit, les arts et sciences humaines :
la planification de la gestion des données :
- la proportion la plus grande des disciplines répondant positivement à cette question concerne les sciences sociales (25,5%) proche de la médecine (21,2%). Celle d’économie (15,3%) est plus élevée que celle de technologies de l’information (13%), d’ingénierie et architecture (12,8) et de sciences (11,1%). On observe seulement 10.6% pour les sciences humaines et arts et 8,3% en droit (résultat difficile à interpréter en raison de la petitesse de l’échantillon)
la pratique de l’e-science :
- les sciences sociales (36,4%) et l’économie (31%) sont bien placées, derrière les technologies de l’information (66,7%) ; les proportions en arts et sciences humaines (28.6%) avoisinent celles et de médecine (28.9%) et dépassent celles de sciences (23.1%), suivie par le droit (22,2%) devant l’ingénierie et architecture (15.9%)
On observe donc des pratiques différenciées de planification de gestion des données, les sciences sociales étant les plus avancées au regard des sciences exactes et des sciences humaines. Un constat étonnant concerne l’e-science, laquelle est déclarée être utilisée dans les 2 domaines de SHS, à un niveau proche de celui des sciences exactes... un résultat à replacer dans un contexte où l’e-science a été développée.
Une analyse, qu’on peut rapprocher d’une autre, précédemment signalée, au Royaume Uni- qui montre un besoin de clarification sur la façon dont sont produites et diffusées les données de recherche…