Un forum intitulé « The Ebook Transition : Collaboration and Innovations Behind Open Access Monographs » s’est tenu au cours d’une conférence de l’American Library Association, à Boston du 15 au 19 janvier 2010.
Modèles d’édition en libre accès, tarification, et cannibalisation des ventes des livres imprimés ont été les thèmes phares. La conclusion ? Les monographies en libre accès sont une aubaine pour en assurer la diffusion mais leur viabilité financière n’est pas assurée pour les presses universitaires . Il ressort 3 constats :
- des opportunités sans précédent de diffusion mais des difficultés à trouver des modèles économiques viables
- la monographie « moyenne » en sciences humaines est en déficit
- des expériences en cours pour voir ce qui fonctionne
En introduction, le premier intervenant, David Carlson, futur président du comité de pilotage SPARC, a déclaré que le public académique était demandeur des livres électroniques, indépendamment des difficultés qu’ils posent pour les éditeurs et les bibliothèques. Les trois intervenants ont ensuite décrit leurs tentatives pour répondre à cette demande.
Michael Jensen, directeur de la communications stratégique sur le web de la National Academies Press (NAP) a annoncé que les ventes de la presse avaient baissé mais que la presse avait été au delà de sa mission en réalisant une diffusion maximale. Il a précisé qu’ « à court terme, les risques étaient graves pour les éditeurs de monographies et que les marchés de spécialité pour les monographies en libre accès ne pourraient probablement pas fonctionner sans un appui institutionnel ».
Patrick Alexander, directeur de la presse universitaire de Pennsylvanie, a aussi souligné les tensions entre le libre accès et l’objectif de durabilité. Il a ensuite analysé un exemple pris dans une de ses collections en libre accès qui démontre que le modèle actuel n’est financièrement pas viable. Pourtant, la presse a atteint la plupart de ses objectifs de diffusion concernant certains titres en ligne avec un trafic important, 2 ans après la publication, un signe inhabituel d’intérêt pour un domaine spécialisé.
Enfin, Maria Bonn, bibliothécaire universitaire associé pour l’édition de l’Université du Michigan, décrit des expériences similaires en prenant « des risques calculés » dans le service d’accès. Elle a décrit 3 initiatives en libre accès : digitalculturebooks, l’intégration de titres rétrospectifs de la presse dans HathiTrust et un partenariat l’Open Humanities Press. Elle souligne que digitalculturebooks, qui couvre des sujets particulièrement adaptés à l’audience en ligne, donne de bons résultats en terme de ventes et de visibilité en ligne mais il n’est pas certain que l’initiative soit viable sur le long terme.